La définition de l’offre raisonnable d’emploi suivra la
voie législative et ne sera pas négociée par les partenaires sociaux, malgré les
vœux des syndicats.
À l’issue de la réunion de travail tripartite du 6 mai sur l’indemnisation du
chômage (v. Bref social n° 15114 du 7 mai 2008), Laurent Wauquiez, secrétaire
d’État chargé de l’Emploi, a annoncé que le gouvernement entendait soumettre un
projet de loi d’ici à fin mai au Comité supérieur de l’emploi, avec l’objectif
d’aboutir à une adoption avant la fin de la session parlementaire. Aucune date
n’a encore été précisée quant au début des négociations sur la convention
d’assurance chômage.
Précisions sur le dispositif
Malgré les vœux de certains syndicats, la définition des critères de l’offre
raisonnable d’emploi ne sera pas négociée. Selon Laurent Wauquiez, les
partenaires sociaux sont saisis du sujet
« depuis 2005 » et n’ont pas su
trouver d’accord. En se saisissant ainsi de la question, il s’agirait pour
l’État de « prendre ses responsabilités ». Cependant, le secrétaire d’État
indique que les paramètres proposés lors de la réunion ne sont pas figés et que
le gouvernement reste ouvert aux propositions.
Sur le fond, certaines
précisions ont été apportées. Laurent Wauquiez a rappelé que l’offre raisonnable
serait définie lors du premier entretien avec le service public de l’emploi,
définition qui deviendrait de plus en plus contraignante au fil des mois. Les
conséquences sur l’indemnisation du refus de deux offres par le demandeur
d’emploi seraient ainsi la contrepartie des engagements pris par le service
public de l’emploi. Répondant à une attente de la CFTC, il a été indiqué que
cette définition de l’offre raisonnable d’emploi n’interdirait pas à un
demandeur d’emploi de suivre une formation longue. En outre, l’offre raisonnable
d’emploi serait personnalisée et dépendrait donc de la situation notamment
professionnelle et géographique de chaque demandeur d’emploi. L’absence de
mention du type de contrat concerné répondrait aussi selon le secrétaire d’État
à cette volonté de personnalisation. En d’autres termes, un contrat précaire ne
répondrait aux critères de l’offre raisonnable d’emploi qu’en fonction des
spécificités du parcours de l’intéressé. Il appartiendra au texte de déterminer
les modalités propres à garantir la mise en œuvre de cette
personnalisation.
Laurent Wauquiez n’a en revanche pas donné de précisions
sur la situation des actuels demandeurs d’emploi et l’application de la future
loi à leur situation. Il relève cependant que l’importance du premier entretien
avec le service public de l’emploi dans la définition de l’offre raisonnable
d’emploi pourrait rendre complexe une telle application.
Le contenu de
l’offre de service proposé par le service public de l’emploi sera défini par la
convention tripartite État-Unedic-service public de l’emploi. Laurent Wauquiez
indique que cette convention définissant les objectifs et priorités de la
nouvelle institution issue de la fusion ANPE-Unedic sera préparée parallèlement
aux négociations sur la convention d’assurance chômage, en vue d’une adoption
d’ici à la fin de l’année.
09/05/2008