Les experts du Centre international de recherches sur le
cancer (Circ) ont prouvé que l'amiante est aussi responsable des cancers du
larynx et des ovaires.
L'information n'a pas encore été officiellement confirmée par le Centre international de recherches
sur le cancer (Circ) mais selon une indiscrétion publiée sur le site de la revue Santé
& Travail, l'amiante serait un cancérogène
« avéré » pour le larynx et les
ovaires. Pour ces deux nouvelles localisations, les chercheurs
et les experts du Circ, qui se sont réunis du 16 au 24 mars à
Lyon, ont établi un lien formel entre la fibre et la maladie.
Le groupe de
travail du Circ était davantage partagé sur la responsabilité de l'amiante sur
l'apparition de cancers colo-rectaux. « Reste que le lien entre
l'amiante et le cancer colo-rectal est
fortement présumé », souligne François Desriaux, rédacteur en
chef de Santé & Travail et président de l'Andeva, l'Association de défense des
victimes de l'amiante.
Les découvertes du
Circ devraient logiquement améliorer le mécanisme de
reconnaissance de ces nouveaux cancers professionnels et
impacter l'architecture des tableaux des maladies professionnelles. En outre,
l'apport de ces nouvelles connaissances devrait permettre de muscler le suivi
post-professionnel des personnes exposées à l'amiante.
100 000 décès
Environ 2,4 millions de salariés sont exposés à une substance cancérigène,
mutagène ou toxique pour la reproduction (CMR). L’origine
professionnelle des cancers est suspectée dans 4 % à 8,5 % des cas,
ce qui représente entre 11 000 et 23 000 nouvelles pathologies par an, selon
l'INVS, dont la moitié
sont des cancers mortels. Pour les ouvriers,
la part des cancers attribuables aux expositions professionnelles serait de 20
%. Selon les prévisions des experts, le drame de l'amiante sera, à terme,
responsable de 100 000 décès.
J-F. Rio
va réviser la cancérogénicité de l'amiante pour de nouvelles localisations :
larynx, ovaires et cancer colo-rectal.
L’exposition à l’amiante serait responsable de cancers du larynx et de
cancers des ovaires, en plus du redoutable mésothéliome (cancer de la plèvre) et
du cancer bronchopulmonaire. C’est, selon nos informations, ce qui ressort des
travaux non encore publiés d’un groupe experts internationaux de différentes
disciplines, qui s’est réuni du 16 au 24 mars dernier, au Centre international
de recherches sur le cancer (Circ) à Lyon.
Ce groupe de travail était chargé de réviser la monographie du Circ consacré
notamment à l’amiante. Les experts ont évalué, à partir des nouvelles études
scientifiques publiées ces dernières années, le degré de risque de
cancérogénicité de l’exposition à l’amiante pour différents organes.
Pour le larynx et les ovaires, l’amiante serait un
cancérogène
« avéré », c’est à
dire présentant une « évidence
épidémiologique suffisante ».
Un effet cancérogène possible dû aux fibres d’amiante a également été
considéré comme plausible pour le cancer colo-rectal, avec une évidence
« limitée », mais très fortement suggestive. De même, le cancer du pharynx et de
l’estomac sont considérés comme possiblement liés à une exposition à l’amiante,
mais avec une évidence plus « limitée ».
Cette évolution importante des connaissances sur la
cancérogénicité de l’amiante devrait
entraîner des répercussions sur la reconnaissance de
nouvelles maladies professionnelles ainsi que sur la surveillance
médicale des salariés qui ont été ou
sont encore exposés à l’amiante.
Jusqu’à présent, les pathologies prises en compte
dans le suivi médical n’ayant pas de véritables
perspectives thérapeutiques, la généralisation du
dépistage prévu par la réglementation ne
s’est jamais mise en place, malgré la pression des
associations de victimes.
Le seul bénéfice attendu était d’ordre social, avec l’amélioration de la
reconnaissance des maladies professionnelles et l’accompagnement des malades.
Mais les pouvoirs publics et les employeurs qui ont vu la facture de
l’indemnisation des malades s’alourdir considérablement ces dernières années,
n’ont jamais vu d’un très bon œil l’organisation d’un dépistage de masse.
Les nouvelles localisations de cancer désormais considérées comme pouvant
être induites par l’amiante risquent de changer la donne. Nul doute qu’elles
vont nourrir les travaux de la Haute autorité de santé (HAS), laquelle a été
saisie par la Direction générale de la santé (DGS) pour rédiger de nouvelles
recommandations sur le suivi post professionnel consécutif à une exposition à
l’amiante.
WK-RH, 9/04/2009
Liens :
http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/9166/mobilisation-sur-les-cancers-professionnels.html
http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/4379/un-salarie-expose-a-l-amiante-obtient-reparation-de-ses-prejudices.html
http://www.wk-rh.fr/actualites/actualites_detail.php?action=detail&val=1296&label_donnee=Zoom+sur...+Les+couacs+des+pr%C3%A9retraites+amiante
http://www.wk-rh.fr/actualites/detail/8179/les-grandes-manuvres-pour-alleger-la-facture-des-accidents-du-travail-et-des-maladies-professionnelles.html