L’examen de la demande d’homologation de la rupture
conventionnelle d’un CDI est précisé par une circulaire de la Direction générale
du travail qui précise notamment les conditions de calcul des délais de
rétractation et d’instruction.
Rappelons que, créée par la loi portant modernisation du marché du travail du
25 juin 2008 (v. Légis. soc. -Droit trav.- n° 164/2008 du 18 juillet 2008), la
rupture conventionnelle est un nouveau mode de rupture du CDI.
Envoi de la demande
Dès la signature de la convention de rupture, la DGT insiste sur le fait que
les parties doivent respecter un délai de rétractation de 15 jours calendaires.
Ce délai, qui comptabilise tous les jours de la semaine, démarre au lendemain de
la date de signature de la convention de rupture et se termine au 15e jour à 24
heures. Ainsi, pour une convention signée le 1er août, le délai expire le 16
août à 24 heures. Ce n’est qu’une fois le délai de rétractation expiré que
l’employeur et/ou le salarié envoie la demande d’homologation au directeur
départemental du travail (DDTEFP).
La demande d’homologation est adressée au
DDTEFP dont relève l’établissement où est employé le salarié. Celui-ci est
compétent pour toutes les entreprises, quel que soit le secteur d’activité, à
l’exception des professions judiciaires et juridiques. Si le DDTEFP recevant la
demande n’est pas territorialement compétent, il la fait suivre au directeur
compétent sans que le délai d’instruction ne commence à courir. Par ailleurs, il
en informe les parties.
La demande peut être envoyée dès le lendemain de la
fin du délai de rétractation, soit le 17 août dans l’exemple ci-dessus. Le
ministère recommande d’effectuer l’envoi par lettre recommandée avec avis de
réception. Cependant, une remise en directe aux services est possible.
Instruction de la demande
À réception de la demande, le DDTEFP adresse à chaque partie un accusé de
réception sur lequel figure la date d’arrivée de la demande et la date à
laquelle le délai d’instruction expire. En cas de demande par chacune des
parties, le délai d’instruction court à compter de l’arrivée de la première
demande. En revanche, si le dossier est incomplet (absence de renseignements
afférents au salaire, des signatures, etc.), le directeur n’adresse pas d’accusé
de réception, mais informe les parties que le dossier ne peut pas être considéré
comme recevable. Les parties ne pourront se prévaloir de l’acquisition d’une
homologation implicite.
Lorsque le dossier est complet, le DDTEFP dispose de
15 jours ouvrables à compter de la réception de la demande pour instruire le
dossier. Ce délai inclut tous les jours de la semaine, excepté le dimanche et
les jours fériés habituellement chômés. En pratique, ce délai commence donc à
courir le lendemain du jour ouvrable de réception de la demande d’homologation
par le DDTEFP et expire au dernier jour ouvrable d’instruction, à 24 heures.
Pour une demande parvenue le vendredi 1er août 2008, le délai d’instruction
débute le samedi 2 août et expire le mardi 20 août à 24 heures.
Contrôle du DDTEFP
Le DDTEFP contrôle les points permettant de vérifier le libre consentement
des parties et les éléments fondant l’accord du salarié (montant de l’indemnité,
délai de rétractation, etc.). La circulaire liste les éléments qui devront être
considérés comme « essentiels » pour établir la validité de la demande. Figurent
notamment :
– l’ancienneté du salarié calculée, en années et en mois, à la
date présumée de la rupture du contrat de travail ;
– les éléments de
rémunération, en particulier les 12 derniers mois bruts versés au salarié ;
–
la tenue indispensable d’au moins un entretien pour lequel la loi et la DGT ne
prévoient aucun formalisme ;
– le, ou les, assistant(s) des parties à
l’entretien, qui ne peut être avocat ;
– la vérification de l’indemnité
spécifique de rupture calculée sur la moyenne des trois ou 12 derniers mois de
rémunération, au plus favorable ;
– la date envisagée de rupture du CDI, qui
doit être cohérente au regard des délais (rétractation et instruction).
Décision du DDTEFP
Dans le délai d’instruction, le DDTEFP notifie par écrit à chaque partie
l’acceptation ou le rejet de la demande. En cas de rejet, le directeur doit
motiver sa demande en indiquant la ou les raisons de fait ou de droit conduisant
au refus. « L’homologation ne doit pas être assimilée à une autorisation de
licenciement », insiste la DGT. Il s’agit de vérifier que les garanties légales
ont été respectées et que la rupture ne s’inscrit pas dans une démarche visant à
contourner des procédures et garanties légales (accident de travail, maladie
professionnelle, etc.).
Le défaut de réponse dans le délai d’instruction
imparti vaut acceptation implicite. Il n’est plus possible pour le DDTEFP de
prendre un acte d’instruction ou de retirer l’homologation, quel que soit le
motif d’illégalité ou d’opportunité. Même en cas de réponse implicite, le DDTEFP
doit remplir le formulaire et le conserver pour le tenir à la disposition
éventuelle du juge prud’homal.
Salariés protégés
Concernant les salariés protégés, l’inspecteur du travail reste compétent
pour accorder une autorisation qui vaut homologation. Outre la liberté de
consentement, l’inspecteur s’assure de l’absence de toute pression de
l’employeur se rattachant notamment à l’exercice du mandat. La décision doit
toujours constater l’absence de lien avec le mandat. En cas de consultation
obligatoire, l’avis du CE doit précéder la signature de convention de rupture.
Enfin, le recours éventuel est formé devant le ministre et/ou devant le tribunal
administratif selon la règle de droit commun.
Liaisons
Sociales Quotidien, 24/07/08
Document(s) joint(s) :
Circulaire DGT n° 2008-11 du 22/07/2008 relative à l'examen de la
demande d'homologation d'une rupture conventionnelle d'un CDI